CHRISTINE SPENGLER

 

UNE FEMME DANS LA GUERRE

 

"La combattante qui a toujours su voir et photographier l'espoir au milieu des ruines".

 

18 Mai - 18 Août 2018

 

DURAS

Lot-et-Garonne

 

Tarifs : 5 € par personne - 2 € pour les scolaires en groupe

 


La Galerie Vues d'ici va présente pendant trois mois dans le village emblématique de Duras les différentes facettes du travail de la photographe - correspondante de guerre et artiste plasticienne Christine Spengler.

 

 

Trois volets majeurs de son travail seront présentés par une sélection de photos, témoins des moments forts en émotion qu'elle a vécus et dont elle témoigne.


 

 Première partie : Les photographies argentiques en noir et blanc.

 

 

En 1970, à la mort de leur père en Alsace, Christine et son frère Éric décident de faire un grand voyage au bout du monde pour ''peut-être, ne plus jamais revenir''.

 

Voyageant sans visa et sans carte de presse, ils sont faits prisonniers dès leur entrée à Zouar, Porte du Tibesti, au Tchad, par les légionnaires français qui les conduisent à Fort-Lamy pour y être jugés.

 

Les ''jeunes délinquants'', comme on les appelle là-bas, sont accusés d’être des journalistes ou des espions venus aider les ''rebelles''. Ils sont emprisonnés pendant vingt-trois jours.

 

Christine Spengler écrit dans son autobiographie ''Une femme dans la guerre'' (publié aux éditions Ramsay en 1991) et ''Une femme dans la guerre. 1970-2005'' (publié aux Éditions Des Femmes /Antoinette Fouque), que ce séjour dans la prison de Fort-Lamy fut un des plus beaux souvenirs dans sa vie : "Être enfin seule avec toi, Éric, seule au bout du monde, séparée du monde connu par des milliers de kilomètres et un océan de sable…".

 

Christine Spengler réalise son premier cliché en 1970 avec un appareil photo Nikon prêté par son frère Éric.

©Christine Spengler - Tchad. La première photo : entraînement des rebelles tchadiens dans les montagnes du Tibesti. 1970
©Christine Spengler - Tchad. La première photo : entraînement des rebelles tchadiens dans les montagnes du Tibesti. 1970

En 1973, à Saïgon au Vietnam, seule femme correspondante de guerre photographe sur place, Christine reçoit à l’Hôtel Continental où elle travaille à dix dollars la photo pour l’agence américaine Associated Press, le télégramme bleu qui va bouleverser sa vie et faire d’elle une errante. Entièrement voilée de noir comme une veuve iranienne, elle ne cessera de défier la mort sur tous les terrains de guerre du monde ''afin de témoigner de la barbarie des hommes'', mais aussi ''pour rejoindre plus vite Éric sur un lit de lys et de roses''.

 

Mais la mort ne veut pas de la sawda (la femme en noir) comme on la surnommait dans le monde arabe.

 

 

En avril 1975, au Cambodge, peu avant l’arrivée des khmers rouges dans la capitale, elle est la seule à photographier le terrible bombardement de Phnom Penh. Cette photo apocalyptique et dépourvue de sang fait le tour du monde.

 

 

©Christine Spengler - Cambogde. Le bombardement de Phnom-Penh. 1975
©Christine Spengler - Cambogde. Le bombardement de Phnom-Penh. 1975

Après la publication de cette photo, Christine Spengler, une des rares femmes au monde à exercer ce métier à haut risque, rentre enfin à l'agence Sygma et couvre pendant 30 ans tous les conflits qui ensanglantent "la face obscure" du monde : Irlande du Nord, Vietnam, Cambodge, Sahara Occidental, Liban, Iran, Nicaragua, Salvador, Kosovo, Afghanistan et Irak.

 

 

 

Les photos de guerre de Christine Spengler sont devenues des icônes pour avoir été publiées dans de grands magazines. Elles ont été exposées dans de grands musées et publiées dans les plus grands magazines du monde.

 

Christine Spengler continue à photographier les lieux de résistance fréquentés par des populations en quête de liberté et de justice, comme les réfugiés de la Jungle de Calais. Le langage de la photographie est universel.

Deuxième partie